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Lécythe paestan à figures noires

Argile beige à engobe de même teinte. Lécythe au corps ovoïde étiré à pied à coupelle sans tige. La ligne de profil est continue, courbe, sans cassure, juste redressée au col. Celui-ci s'élance en s'évasant vers l'embouchure à lèvre plate. Anse en ruban joignant le haut de la panse à la base du col. Le décor s'enlève sur le fond naturel non blanchi. À l'origine, ce récipient devait présenter une polychromie contrastée faire de beige en noir, rehaussés de rouge, de vernis dilué brun et de blanc pour le fond sur lequel s'enlèvent le personnage et le feuillage Une femme vêtue, assise à droite sur un siège imaginaire, ou symbolisé par une plante, tient de la main gauche une phiale et une bandelette rouge, et de la droite un objet effacé. Les plis de sa robe sans manches sont indiqués par des lignes blanches et des rehauts rouges. Elle porte un bandeau perlé autour des cheveux et des bijoux (collier, boucles d'oreilles, bracelets) Au-dessus de sa tête, dans champ, grande rosette. Sous l'anse, palmette flanquée de tiges et de fleurs stylisées peintes de façon très déliée et aérée.


Mingazzini avait reconnu deux périodes pour ce type de récipients : une production aux VIe-Ve siècle av. J.-C. et une autre au IVe siècle av. J.-C. à laquelle appartiendrait celui de Lyon. Il en localisait la fabrication à Capoue, ce que le lieu de provenance semble corroborer. L'étude récente de Hurschmann attribue tous ces vases, dont celui d'Avignon, aux ateliers paestans. Il note qu'ils appartiennent aux productions siciliennes, campaniennes et paestanes, ces deux dernières ayant souvent de nombreux points communs. On n'en trouve pas dans les fabrications lucaniennes et apuliennes. Pour Hurschmann, ils servaient de contenants à l'essence de rose célèbre en Campanie et à Paestum où elle était recueillie deux fois l'an69
Utilisés pour les cérémonies funéraires, ils font partie de ces séries de vases rituels tels que les lécythes funéraires à fond blanc attiques. Un souvenir de ces derniers reste dans l'utilisation des couleurs rouge et jaune (seules décelables actuellement) qui, jouant sur le blanc et le noir, créent une polychromie, sans atteindre cependant celle des lécythes. Ils ne prétendent pas non plus illustrer aussi éloquemment la diversité des situations ni faire des allusions à la mythologie.
L'engobe est dans la couleur naturelle, sans l'adjonction du blanc des lécythes attiques qui augmente le contraste, et l'on a privilégié la couleur sombre pour le décor. L'effet reste fort et donne aux éléments, en particulier au personnage, un aspect fantomatique. Ces figures noires sur le fond clair jouent comme des apparitions, et l'ajout de beige clair, rouge et vernis dilué brun ne devait pas beaucoup égayer l'ensemble. Il n'y a aucun doute sur l'occasion, cérémonielle et rituelle, funéraire. Le schéma iconique de la femme présentant sa phiale avec la bandelette ne diffère pas des types analogues rencontrés sur les vases à figure rouge, et le décor végétal est conforme aux autres décors semblables. La composition n'est donc pas originale, seule la technique diffère.

Caractéristiques

Matières

Céramique
15 x 5.5 cm

Données spécifiques

Numéro d'inventaire

C100

Musée d'accueil
Musée Lapidaire
Provenance

Achat de l'Institut Calvet en 1838

Etablissement recevant le prêt

Site archéologique Lattara Musée Henri Prades

Ville de l'établissement recevant le prêt

LATTES (34970)

Nom de l'exposition du prêt

Senteurs célestes, arômes du passé. Parfums et aromates dans l'Antiquité méditerranéenne

Date de début du prêt
Date de fin du prêt

Bibliographie et expositions

Bibliographie

Terres sacrées de Perséphone Collections italiotes du musée Calvet, Avignon. Sous la direction d'Odile Cavalier

Exposition actuelle
"Senteurs célestes, arômes du passé. Parfums et aromates dans l'Antiquité méditerranéenne"

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