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24 avril 2026

Le blanc dans l'Art

Le marbre 


« Pierre dure qui reçoit un beau poli, qui est difficile et longue à tailler »,  Antoine Furetière, Dictionnaire universel

 Cette pierre calcaire donne à ses sculpture une élégance sans pareille depuis l’Antiquité. Dès la Renaissance, elle orne avec finesse les chapiteaux de colonnes, les autels ou le mobilier. Elle est même exposée dans des cabinets de curiosité comme une pierre précieuse, n’en étant pas une ! Ses veines et sa couleur donnent libre cours à la création des artisans qui travaillent habilement cette matière noble, comme le fait Mino de Fiesole avec cette représentation de l'impératrice Sainte-Hélène.

De grands artistes sculpteurs ont su marquer les époques, notamment Michel-Ange, Bernini, Rodin, Camille Claudel et bien d’autres…

 

La dentelle

Ces petits points d’entremêlements de fils de lin, de coton ou de soie représentent un véritable savoir faire ! 

Cette technique délicate de broderie connaît sa période florissante sous le règne de Louis XIV, mais a d’abord pris ses marques à Venise, grand carrefour de cultures, et en Flandres, au XVe siècle.

Marie de Médicis introduit la dentelle en France après son mariage avec Henri II, mais la production locale étant de mauvaise qualité, les nobles sont forcés d’importer des pièces coûteuses d’Italie et des Flandres. Elle devient alors un symbole de richesse. Le jeune homme sur ce portrait de Jacob Van Oost arbore fièrement un exemple de cet artisanat fin et distingué.

 Aux XVIIe et XVIIIe siècles, la dentelle connaît un grand succès auprès de toutes les classes aisées. Au XIXe siècle, la mode décline et la Révolution Industrielle entraîne la disparition progressive de la production artisanale.

 

Le blanc religieux 

 

Au Moyen-Âge, on percevait le blanc de deux manières différentes. Elle se définit soit comme une matière : un artifice, un luxe ; soit comme une lumière et appartient au divin. 

Ce tableau de Pierre Subleyras dépeint une scène miraculeuse : Saint Benoît en train d'embrasser l'enfant mort d'un jardinier auquel il rend la vie par ce geste. Des moines olivétains assistent à cet accomplissement, ils sont vêtus de blanc et entourent l’acte miraculeux. Dans cette œuvre, le blanc symbolise la pureté et l’esprit divin qui chasse l’obscurité et les ténèbres.

 

 

Les cheveux

Chez la noblesse, on ne cherchait pas à cacher les cheveux blancs, au contraire ! 

À cette époque, la « quête de la blancheur » s’instaure en France comme un véritable idéal de beauté. Symbole d’élégance et de raffinement, elle reflète aussi un ordre social. Une peau claire distingue lélite des classes populaires exposées au soleil et aux intempéries.

Ce portrait de Marie Ursule de Monteil de Larnage reflète cette vision du XVIIIe siècle :  un teint lumineux, une parure de coiffe, dentelles et gazes et accompagnés de son animal de compagnie. Dans cette œuvre, le blanc se déploie au point de rencontre de l’apparence et de l’âge. À la fois instrument de coquetterie et signe du temps qui passe.

 

ŒUVRES :

Mino de Fiesole (Mino da Giovanni), Relief en marbre de l'impératrice Sainte Hélène, 1465-1470, Donation de Clément à L'institut Calvet, Musée Calvet, Numéro d’inventaire Inv. N141 

Jacob van OOST l’Ancien, Portrait de jeune homme,1632, Huile sur toile, acquis d'Evariste de Valernes en 1864, Musée Calvet, Numéro d’inventaire : 864.3 

Pierre Subleyras, Saint Benoit ressuscitant un enfant, acquis en 1827 par L'institut Calvet, Musée Calvet, Numéro d’inventaire : 827.5.21 

François Louis Brossard De Beaulieu, Portrait de Marie Ursule de Monteil de Larnage, Marquise de Cheylus, 1787, Don à L'institut Calvet en décembre 1968 Musée Calvet, Numéro d’inventaire 22729 

 

BIBLIOGRAPHIE 

Boyer, S.  et Franck G., (2006) Les Maîtres du Nord. Peintures flamandes, hollandaises et allemandes du Musée Calvet, Avignon: catalogue raisonné, Editions Réunion des Musées Nationaux, Fondation Calvet.

Déchelette, C. et Date, A. (2025). L’éclat du rouge et l’idéal du blanc. L'éclat du rouge et l'idéal du blanc (p. 5-11). Presses universitaires de Grenoble.

PASTOUREAU, M. (1989). L’ÉGLISE ET LA COULEUR DES ORIGINES A LA RÉFORME. Bibliothèque de l’École Des Chartes, 147, 203–230. 

JÉQUIER, C., & BESSON-COPPOTELLI, S., (2018), S. A. R. A. H. Ciel, une dentelle !. TEXTILIEN UND KULTURGÜTERSCHUTZ, 49-52. 

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