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30 avril 2026

La fête du travail

Le 1er mai, c’est la fête du Travail : une journée pour rappeler les combats des travailleurs, notamment pour de meilleures conditions comme la journée de huit heures. Cette date vient de la fin du XIXe siècle et est devenue un symbole de solidarité partout dans le monde.

Le muguet est lié au printemps depuis très longtemps, déjà chez les Celtes et les Romains. En France, offrir un brin porte-bonheur remonte à la Renaissance, quand Charles IX a lancé la mode. Avec ses fleurs blanches en forme de clochettes « porte-chance », c’est devenu le symbole de cette journée partout dans le pays ! 

Aujourd’hui, entre les manifestations et cette tradition florale, le 1er mai reste un moment pour se souvenir des droits acquis, dans l’espoir qu’ils se perpétuent…

Découvrez quelques travailleurs représentés dans nos collections !

 

Avignon à coups de marteau : mémoire d’artisans

Nous sommes à Avignon, rue Pétramale : Noël Biret et ses ouvriers posent fièrement devant la grille du Musée Calvet le 21 avril 1888, photographiés par Jean-Baptiste Michel.

Derrière eux : l’atelier de serrurerie, lieu où les coups de marteaux résonnent, où  le métal se courbe, où les ouvriers chauffent leurs chalumeaux…

Ce savoir-faire rigoureux et minutieux a été transmis de génération en génération à Noël Biret, serrurier et ferronnier d’art avignonnais. 

Passionné par les arts du métal, il collectionna serrures, pannes, marteaux de porte, verrous, loquets, clés récupérés souvent sur les portes et les fenêtres des maisons d’Avignon démolies ou modernisées. Il légua plus de 6000 pièces à l’Institut Calvet. Sa collection est la seconde de France, après celle du musée le Secq des Tournelles à Rouen !

 

On s’affaire aussi dans les bureaux ! 

Dans ce tableau, Louis-Agricol Montagné représente Jules Belleudy (ancien Préfet de Vaucluse en 1907-1909) à la préfecture d’Avignon assis à son bureau, qui est encombré de livres et de documents. La pièce est bourgeoisement décorée dans un style Second Empire, aux contrastes rouges et noirs. Il est vêtu de son frac brun vert et porte à sa boutonnière l'agrafe de la légion d'honneur, reçue en 1906.

Il nous observe, une cigarette aux doigts et un regard expressif : « Il suffisait de prononcer le mot de Provence pour que sa face, non pas impassible mais immobile, aussitôt s'illuminât d'un sourire – plutôt dans les yeux que sous sa barbe fine et blanche – d'un sourire qui préludait à une anecdote, puis à toute une série de souvenirs et d'étincelles. » 
(Rachel Dudouit, historienne de l'art- Extrait du site INHA)

 

Frapper le silence

 

Ce dessin de Claude Serre dépeint un forgeron peu commun… pourquoi marteler un coussin ?

Ce dessinateur à part entière construit son style avec des compositions d’ images très fortes et très pessimistes, sur l'état du monde et I'incapacité de notre société à s’y faire entendre.

À vous d’interpréter cette image : serait-ce un simple trait d’humour de la part de l’artiste ou bien une mise en lumière d’un enjeu beaucoup plus important et contemporain ?

 

Oeuvres :

Jean-Baptiste Michel, Atelier de serrurerie Biret, 1988, Don en 1902 à l’Institut Calvet par Catherine Pellechet, N° inv FRAC084007_0067Fi0073, Fonds Bartesago

Louis Agricol Montagné, Portrait de Jules Belleudy à son bureau, Donation de Madame Belleudy, fille de Jules Belleudy à l'Institut Calvet en 1972, N° inv 22800, , Musée Calvet 

Claude Serre, Le coussin sur l'enclume, Don de la Société Protectrice de l'Humour à l'Institut Calvet en 1981, N° inv 23.285, Musée Calvet

 

Sitographie : 

Ministère de l’Agriculture 

Institut National d’Histoire de l’Art 

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