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21 août 2026

Parures et bijoux

Des bijoux qui racontent l'Histoire : 
Du lékanè grec à la bague astrologique romaine, des perles du XVII siècle aux parures des bals du XVIII, laissez-vous guider à travers les collections de l'Institut Calvet et découvrez ce que les œuvres révèlent de la mode et des sociétés d'autrefois.

 

Un vase qui met les bijoux à l'honneur

Lékanè apulienne à figure rouge, peintre du Saccos Blanc, vers 320-315 av. J.C., achat de l’Institut Calvet en 1985, Musée Lapidaire, n°inv. 23500

 

Un vase à bijoux : 

Le lékané est un petit vase dont la panse est peu profonde. Il est constitué de deux anses et d’un couvercle à bouton discoïdal qui sert de poignée. Il était généralement utilisé comme récipient de toilette destiné à contenir des pâtes cosmétiques ou des bijoux.

Représentant des bijoux : 

Sur ce lékanè de nos collections, nous pouvons admirer deux faces décorées : 

Sur la face A, un génie ailé est représenté. Il a les cheveux noués en chignon maintenus par un cécryphale paré de bijoux. Il porte également de nombreux bijoux : diadème, bracelets aux poignets et chevilles, collier. Ces derniers sont représentés par le peintre par des points en peinture blanche pour imiter l’or. Le génie ailé semble participer à un rite pour lequel il tient les instruments nécessaires à son exécution.

Sur la face B, figure un portrait féminin portant un saccos (tissu traditionnel retenant les cheveux). Elle est aussi parée d’un diadème radié et d’un collier de perles.

L’impératrice Lepida :

Impératrice Lepida, Aegidius SADELER,  XVIIe siècle, Don de Marcel Puech à L'institut Calvet en 1996, Musée Calvet, n°inv.  996.7.177

Qui est l’impératrice Lépida ? 

Ce portrait représente en buste de l’impératrice Lepida, célèbre femme romaine et épouse de l'empereur Galba. Contrairement à ce que nous pouvons penser, elle ne fut jamais impératrice. Lorsque Galba accéda au pouvoir, Lépida était déjà décédée.

Galba lui resta fidèlement attaché. Il résista à toutes les avances d'Agrippine, qui n'était pas encore femme de Claude. Elle aurait désiré faire répudier Lépida pour se mettre à sa place. Il en résulta même, entre la mère de Lépida et Agrippine, une dispute qui dégénéra en risée assez scandaleuse. Agrippine et la mère de Lépida se battirent à coups de poing, et lorsqu'on les sépara, Agrippine avait été fort maltraitée. 

Particularité de cette œuvre : 

Nous parlons ici d’un dessin antiquisant, réalisé au XVIIe siècle mais s’inspirant d’un récit de l’Antiquité.

À travers ce portrait, il n’a pas cherché à reproduire l’exactitude des bijoux portés par les femmes de l’antiquité, mais il embellit cette femme avec de luxueux bijoux du XVIIe siècle.

Zoom sur les bijoux : 

  • Collier de perles entrelacées : un long collier de perles fait le tour de son cou puis remonte pour s'entrelacer directement dans sa chevelure tressée, coiffure à la mode typique des années 1600.

  • Boucles d’oreilles en forme de poire (goutte) : Les boucles d'oreilles en forme de goutte d'eau (souvent de grosses perles baroques) étaient perçues comme très élégantes au XVIIème siècle.

  • Bracelet de perles et bague : autour de son poignet droit, on distingue plusieurs rangs de chaînes et de perles qui retombent souplement. Les femmes de la noblesse adoraient accumuler les rangs de perles fines aux poignets pour attirer le regard sur leurs mains et souligner la délicatesse de leur peau. À l’annulaire, elle porte aussi une bague simple, au design épuré.

 

Un détail anachronique : 

  • Fibule : Son manteau est fixé sur l’épaule droite par ce qui semble être une broche avec un camée. Ce détail fait écho aux fibules que portaient les femmes à l’Antiquité.

 

Femme grecque d’Éleusis :

 Femme grecque d’Éleusis, Henri-Louis BROISE, 1899, Don de M et Mme Pierre BROISE à L'institut Calvet en 1986, Musée Calvet, n°inv. 23507

À travers cette sculpture, Henri-Louis Broise nous propose un imaginaire de la Grèce antique pour établir un lien visuel entre la Grèce moderne et la mémoire de l’antiquité. La ville d’Éleusis se trouve à 20 km à l’ouest d’Athènes dans la région de l’Attique.

Ce lien est visible grâce aux bijoux que porte la femme. Ce sont des pièces traditionnelles de l’Attique et tout particulièrement de la ville d’Éleusis qui se situe à 20km à l’ouest d’Athènes.

La pièce maîtresse de cette représentation, un plastron de monnaies. Traditionnelle de l’ancien pays ottoman, cette parure est utilisée lors de grands événements tels que les mariages.

Autre bijou, une paire de boucles d’oreilles en disque ajouré, qui ont la particularité de retenir le voile de la femme. Dans les costumes traditionnels grecs du XVIIIe et XIXe siècles les femmes grecques portent de grandes boucles d’oreilles en argent doré ou en or avec des perforations géométriques. Leur origine remonte aux traditions byzantines et ottomanes, elles-mêmes héritières de formes antiques méditerranéennes. Elles constituaient un élément essentiel de la dot de la jeune mariée et étaient transmises de mère en fille.

Nous pouvons aussi distinguer une fibule, elle apparait sous le menton et maintient le foulard. Au-delà de son rôle pratique, elle protège symboliquement la poitrine et le cou, considérés comme des parties vulnérables du corps.

 

Un portrait pour briller en société :  

Jeune fille tenant un loup, Charles-Antoine COYPEL, vers 1745, Don de Marcel Puech à L'institut Calvet en 1998, Musée Calvet, n°inv. 998.1.52

Peintre d’histoire à l’origine, Coypel est également un portraitiste élégant qui pratique régulièrement le pastel. En parallèle à sa carrière de peintre officiel, il écrivit des pièces de théâtre jusqu’en 1747. Il est ainsi l’auteur d’œuvres en rapport avec ce thème, à travers ses portraits d’acteurs et d’actrices célèbres.

Cependant, ici, il est avéré qu’il ne s’agit pas du portrait d’une actrice de théâtre, mais davantage de celui d’une jeune femme dont l’identité demeure pour l’heure inconnue, peut être issue de l’aristocratie et s’apprêtant à se rendre à un bal masqué.

Rendez-vous au bal !

Pour l’occasion, la jeune femme s’est apprêtée : 

  • Chevelure ornée de fleurs

  • Loup noir dans sa main, accessoire indispensable des bals masqués et des fêtes galantes du XVIII siècle. 

  • Boucle d’oreille en forme de poire, constituée d’une perle fine suspendue à un petit crochet d'or

  • Collier « tour de cou » en velours noir qui met en valeur la blancheur du cou.

  • Pierre précieuse rouge sur la robe disposée comme une broche

  • Un "bracelet de ruban" bleu avec un nœud papillon

Les bijoux et les parures de cette jeune femme ne se limitent pas à un rôle décoratif : ils situent la scène dans l'univers raffiné des divertissements aristocratiques tout en mettant en valeur sa beauté. Le regard est naturellement guidé vers son visage, son cou et sa main, grâce à la perle pendante, au tour de cou de velours noir, à la broche ornant son corsage et au ruban bleu noué à son poignet. Par leurs jeux de couleurs, de matières et de lumière, ces accessoires rythment la composition et renforcent le charme du portrait.

Lire à travers une bague :

 

Intaille de jaspe rouge montée en bague, pierre à caractère astrologique, œuvre romaine du IIIe ou Ive après J.C., collection Calvet, legs de 1810, musée Calvet, n°6

 

Cette intaille de jaspe rouge appartint, suivant Esprit Calvet, à la Princesse Palatine, femme de Philippe d’Orléan, régent de Louis XIV. Elle possédait la plus belle collection de pierres gravées et de monnaies après celle du Roi.

L’intaille unit des divinités tutélaires liées au zodiaque : à droite, Pan qui correspond au Capricorne, Minerve liée au Bélier, au centre, Chiron ou le Sagittaire, à gauche, Saturne en vieillard voilé et deux divinités féminines, dans la partie supérieure, le Serpent radié, le Soleil et la Lune.  Çà et là des signes ésotériques. Syrinx simplifiée ? Barre bouletée, carré, sigle en forme de hampe triangulaire ou constellation de la Lyre réduite à sa plus simple expression.

 

 

 

Œuvres : 

https://www.institutcalvet.fr/fr/les-oeuvres/lekane-figures-rouges

https://www.institutcalvet.fr/fr/les-oeuvres/portrait-en-buste-de-limperatrice-lepida-femme-de-galba

https://www.institutcalvet.fr/fr/les-oeuvres/femme-grecque-deleusis

https://www.institutcalvet.fr/fr/les-oeuvres/intaille-de-jaspe-rouge-montee-en-bague 

 

Bibliographie : 

  • Terres sacrées de Perséphone, collections italiotes du Musée Calvet, 2000, Avignon, Odile Cavalier

  • Les objets insolites du Musée Calvet, catalogue d’exposition Printemps des Musées 1999, Avignon, Pierre Provoyeur, Odile Cavalier, Sylvain Boyer.

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