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10 septembre 2026

Artistes du concours de dessin 

En 1810, Esprit Calvet inscrit dans son testament le vœu de voir naître un concours de dessin destiné à encourager et à soutenir un jeune talent dans ses débuts ou dans la continuité de son parcours de formation artistique. 

« Je lègue et laisse un prix de cent livres, de deux en deux ans, à l’un de nos jeunes gens, âgé de moins de vingt-quatre ans, qui aura fait le meilleur dessin au crayon, bien décidé de sa main, soit de sa composition, soit d’après un bon original, où les mœurs soient rigoureusement respectées… »

Extrait du testament d’Esprit Calvet en 1810.

Depuis plus de deux siècles, l’Institut Calvet perpétue cette volonté en organisant un concours de dessin tous les deux ans. À cette occasion, revenons sur quelques-uns des participants les plus emblématiques. 

Lauréat de l’année 1843 : Pierre Grivolas, le paysagiste de la Provence

Né à Avignon, Pierre Grivolas (1823-1906) révèle très jeune un grand talent artistique. En 1843, il obtient le premier prix du concours de dessin du legs Calvet, ce qui lui permet de poursuivre ses études à Paris. Élève des Beaux-Arts, il fréquente les mêmes cercles artistiques que plusieurs figures majeures de son époque, parmi lesquelles Jean-Auguste-Dominique Ingres, Eugène Delacroix et Hippolyte Flandrin.

Autoportrait, Pierre GRIVOLAS, 18950-1860, don de l'artiste à l'Institut Calvet, musée Calvet, n°inv. 905.3.7

En 1848, les émeutes parisiennes le contraignent à rentrer à Avignon où il adhère au mouvement « Le Félibrige ». Il devient directeur de l'École des Beaux-Arts de la ville en 1878 et forme de nombreux peintres qui constituent avec lui la « Nouvelle école d'Avignon ». Il transforme l’apprentissage de la peinture en encourageant ses élèves à délaisser le travail en atelier au profit de la peinture en plein air. Ils se rendent ainsi aux Angles et le long des rives du Rhône, ce qui leur permet de porter un nouveau regard sur la nature, l'ombre et la lumière. Il est le maître d’une douzaine de peintres célèbres dont Chabaud, Seyssaud, Firmin, Lesbros et Leydet.

 

Le Marché de la rue Thiers, Pierre GRIVOLAS, don de l'artiste à l'Institut Calvet,1906, musée Calvet, n°inv.905.3.7

 

Sans descendance, il désigne l’Institut Calvet comme son héritier universel et décède en 1906. Il lègue à cette institution plus de 400 dessins et ses plus belles toiles dont : le marché de la rue Thiers, les flagellants, les tondeurs de chevaux, la charrette de St-Eloi et procession de jeunes filles au Ventoux.

 

Lauréat de l’année 1873 : Paul Saïn, la simplicité 

En 1873, Paul Saïn (1853-1908), élève de Pierre Grivolas à l’École des beaux-arts d’Avignon, remporte le concours de dessin de l’Institut Calvet. La bourse qui lui est alors attribuée lui ouvre les portes de Paris, où il poursuit sa formation au sein du prestigieux atelier de Jean-Léon Gérôme.

Dans ses œuvres, Paul Saïn met en pratique l’enseignement reçu auprès de ses maîtres. Peignant en plein air, il cherche à saisir les jeux d’ombre et de lumière avec naturel.

Attaché à sa Provence natale, il réalise de nombreuses vues d’Avignon et de ses environs, tout en devenant un portraitiste apprécié de la bonne société.

 

Vue générale d'Avignon, Paul SAÏN, achat de l'Institut Calvet, 1981, musée Calvet, n°inv.23321

Paul Saïn avait l'habitude de poser son chevalet sur la rive droite du Rhône, du côté de I‘île de la Barthelasse, de I‘île Piot, ou parfois sur la rive du côté de Villeneuve-lès Avignon, pour bénéficier d'un point de vue permettant de synthétiser dans une même composition les trois symboles architecturaux de sa ville natale : le palais des Papes, les remparts et l’ancien pont en bois.

Lauréat et maître de la peinture provençale, Claude Firmin dit le “Goy “

Claude Firmin (1864-1944) dit "le goy", (le boiteux en provençal), connaît dans un premier temps, une formation artistique aux Beaux-Arts d’Avignon auprès de Pierre Grivolas et de Paul Saïn. Grâce au prix de lauréat du concours de dessin du legs Calvet, il poursuit ses études à Paris dans l’atelier de Léon Bonnat. Son œuvre met en avant les scènes de la vie courante, des intérieurs provençaux, les scènes de la vie rurale et les métiers populaires.

 

Les sablières du Rhône à Villeneuve les Avignon, Claude FIRMIN, achat de l’Institut Calvet en 1905, musée Calvet, n°inv.905.4

Membre du « Groupe des Treize », qui réunissait treize peintres et sculpteurs avignonnais de la nouvelle école d’Avignon, il expose régulièrement au salon des artistes français entre 1889 et 1922. Son travail y est remarqué et lui vaut une mention honorable en 1902. Nommé professeur à l'École des beaux-arts d'Avignon en 1922, il en devient le directeur de 1937 à 1941.

Également reconnu pour son talent de portraitiste, il réalise notamment le portrait de Noël Biret et une « partie de cartes » mettant en scène Pierre Grivolas.

 

[FOCUS] Portrait de Noël Biret dans son atelier.

 

Portrait de Noël Biret dans son atelier, 1920, Claude FIRMIN, Don de Mme Biret en 1918, musée Calvet, n°inv. 21490

 

Noël Biret (1838-1918) était chef d’entreprise de serrurerie à Avignon et lauréat du concours de dessin du legs Calvet. Parti travaillé un temps à Paris, il revint s’installer dans sa ville natale où son atelier acquis une renommée. Parmi ses œuvres, la grille du musée Calvet, réalisé en 1888 qui accueille encore de nos jours les visiteurs. Il fut aussi Administrateur de l’Institut Calvet entre 1908 et 1918. 

Tout au long de ses années de travail, il forma ainsi une collection de près de 6 000 pièces de ferronneries (montres, armes, heurtoirs, clefs, serrures...) provenant d’Avignon, de Carpentras et de l’ensemble du Comtat Venaissin dont il fit don en 1916. 

Dans ce portrait réalisé par Claude Firmin, nous pouvons voir Noël Biret, posant vêtu d’un costume, assis dans son atelier rue de Pétramale à Avignon. Autour de lui, de nombreux objets s’accumulent : pièces de ferronnerie, outils, objets anciens et de décoration. Ces détails permettent de mettre en avant les deux activités de Biret : son métier de ferronnier et sa passion de collectionneur. 

Fidèle à son style, Firmin met en avant la personnalité de son modèle dans son environnement de travail.

Pour aller plus loin : photographie de Jean-Baptiste Michel, issue du fonds dit Charles Bartesago, mettant en avant l’atelier de serrurerie de Noël Biret, le patron et ses ouvriers devant la grille du musée Calvet le 21 avril 1888.

 

Atelier de serrurerie Biret, Jean-Baptiste MICHEL, 1888, fond dit Bartesago, don à l'Institut Calvet en 1902, FRAC084007_0067Fi0073

Œuvres :

Bibliographie :

  • À l'Horizon, quand Avignon inspire les artistes - musée Calvet

  • L’artiste en Majesté, catalogue de l’exposition, 18 septembre 2020 au 28 février 2021, musée Calvet

  • De Michel à Bartesago, Voyage au cœur de la photographie avignonnaise, Image et mémoire, exposition à la chapelle Saint Michel, du 12 février au 13 mars 2005, Archives de la ville d’Avignon, Sylvestre Clap.

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